vendredi 19 janvier 2018

JEAN-MICHEL LECOQ - UN CHARMANT PETIT VILLAGE


L'histoire

La quiétude des habitants de Villecroze, petit village situé au coeur de la Provence verte, est chamboulée par la découverte du double suicide d'un couple, gérant d'une maison d'hôtes. Pour la forme une enquête est diligentée mais la gendarmerie confirme l'hypothèse du suicide et le procureur classe l'affaire ?

Le maire pourtant, est plus que troublé par la mort curieuse de ses administrés. Il s'en ouvre à son ami Jouve, une vieille connaissance de Sciences-Po, devenu directeur de la police judiciaire. Sans conviction mais par amitié, le grand flic missionne le commissaire Payardelle pour aller enquêter incognito sur place. Il sera hébergé par le maire qui le fera passer pour un de ses amis en villégiature.

 Le jour de son arrivée le quotidien régional Le Mistral reçoit une lettre anonyme donnant de biens curieux détails sur l'étrange disparition. Cette première missive sera suivie de bien d'autres... Un journaliste est dépêché sur place pour enquêter. Il reconnaît très rapidement en Payardelle un as de la PJ parisienne qu'il a déjà croisé dans le cadre d'une autre enquête...

Mon avis

Un cadre enchanteur pour ce polar de jean-Michel Lecoq ! Mais la mort suspecte de deux habitants va venir troubler le calme et la tranquillité de Villecroze, petit village provençal au charme bien connu. Même si les gendarmes concluent très vite à un suicide... Monsieur le Maire n'est pas de cet avis et souhaite relancer l’enquête en faisant venir le commissaire Théo Payardelle.

Je suis vraiment entrée très vite dans cette histoire. Certes j'habite à une vingtaine de kilomètres de Villecroze, ce qui a pu aider. Mais l'écriture de l'auteur y est pour beaucoup et Jean-Michel Lecoq nous plonge dans un fait divers banal au premier abord, mais qui va nous tenir en haleine jusqu'à la fin du livre.

J'ai beaucoup aimé les rapports entre la police menée par Théo Payardelle et le journaliste dépêché sur place pour enquêter sur ces morts et le rapport avec des lettre d'un "corbeau" reçues au siège du Mistral. Tant ces rapports sont conflictueux, ceux entre police et gendarmerie le sont tout autant et  on retrouve très bien ambiance dans ce roman.

On s'attache énormément aux personnages, tant au policier, qu'au journaliste mais également aux habitants de ce charmant petit village. On voyage aussi dans les Ardennes, un autre climat, une autre ambiance. Mais tout est vraiment si bien amené ! 

Ce fut une agréable lecture et arrivée à la fin, j'en redemandais encore. 

Une mention supplémentaire pour les éditions Lajouanie qui ont vraiment une mise en page si agréable à lire. C'est vraiment un réel plaisir de se plonger dans les romans édités par cette maison d'éditions ! La couverture est extrêmement bien réussie également !

Bref, si vous chercher un polar addictif au pays des cigales, n'hésitez plus une seconde ! 


Un extrait

" En bonne provençale, elle avait décidé de faire découvrir à Théo la cuisine du pays au travers d’une de ses recettes favorites, le risotto aux saucisses salées qu’elle présenta en provençal sous l’appellation saucisso emè de ris. Théo dut admettre que ses papilles venaient de faire une de leurs plus belles découvertes. Des saucisses salées grillées étaient servies dans un assaisonnement où se retrouvaient un oignon coupé en petits dés revenus à la poêle, un coulis de tomate, une feuille de laurier et des clous de girofle, le tout cuit lentement dans de l’eau avec le riz. Saint-Fons qui se réservait le privilège de choisir le vin avait remonté de sa cave un château Thuerry 2009, un cru local qui accompagna agréablement le dîner jusqu’aux fromages. "



mardi 16 janvier 2018

ADRIEN ANDERSON - LE CERCLE DE SETH



L'histoire

L’inspecteur Jim Spenser se trouve propulsé à la tête d’une affaire sans fin : des crimes en série se répètent tous les dix-huit ans selon le même rituel. L’assassin tue, mutile et nargue les autorités.

Jim et son équipe engagent une course contre la montre pour tirer les prochaines victimes des griffes du gourou des « adorateurs de Seth ». 

Seront-ils en mesure de l’arrêter à temps ? A quel prix ? Et si la fiction dépassait la réalité ?

Entre magouilles en haut lieu, trahisons et sentiments, plongez au cœur de ce polar au doux parfum de thriller où symbolique, pression assassine et cataclysmes rythment cette sombre enquête à la française, passant par la Pologne, pour trouver son épilogue en Terre Sainte.

Mon avis


On se trouve dans ce roman en compagnie de l'inspecteur Jim Spenser qui se retrouve plongé dans une série de 13 meurtres se répétant tous les 18 ans et ayant un rituel commun : un cercle dessiné autour de la victime.

Et là, boom ! On est totalement pris dans cette traque du tueur en série, mais également dans le développement d'une secte très influente et des dérives qu'elle entraîne.

Une belle montée en puissance. Je l'ai lu quasiment d'une traite tellement le rythme est bien mené par l'écriture de l'auteur. Un flic très attachant, des personnages très forts... 

Et au moment où l'on pense que l'histoire va se tasser, on est surpris par la tournure des événements. C'est ce qui a fait que j'ai vraiment adhéré à cette course contre la montre sans répit.

Un petit bémol, on aimerait plus de détails, plus d’approfondissements dans les personnages et à certains moments de l'histoire. 

Mais cela reste une très bonne lecture et un très bon thriller sur fond de corruption et manipulation.

Un extrait

" Spenser s'intéressa de plus près à la signification du cercle en effectuant qualques recherches. Ce symbole étant omniprésent sur les scènes de crimes, le tueur devait lui attacher une grande importance. L'inspecteur se questionna aussi sur les raisons de la rechute du criminel après dix-huit années de sommeil. "

mardi 28 novembre 2017

OLIVIER NOREK - SURTENSIONS


L'histoire

Cette sœur acceptera-t-elle le marché risqué qu'on lui propose pour faire évader son frère de la prison la plus dangereuse de France ? 

De quoi ce père sera-t-il capable pour sauver sa famille des quatre prédateurs qui ont fait irruption dans sa maison et qui comptent y rester ?

Comment cinq criminels - un pédophile, un assassin, un ancien légionnaire serbe, un kidnappeur et un braqueur - se retrouvent-ils dans une même histoire et pourquoi Coste fonce-t-il dans ce nid de vipères, mettant en danger ceux qui comptent le plus pour lui ?


Mon avis

On est dans le tome 3 des aventures de Victor Coste et de son équipe et même si  les personnages sont récurrents, Olivier Norek arrive tout de même à nous mettre dans une ambiance différente et je dois bien dire que ce tome ci est juste éblouissant.

J'ai beaucoup apprécié le fait qu'Olivier Norek mette plus l'accent sur la psychologie des personnages. Franchement, on est dedans. On vit avec cette équipe de police et on en prend plein les mirettes. Mais j'ai également beaucoup apprécié "les méchants", surtout le personnage d'Alex Mosconi. des personnages très forts et une intrigue qui vous prend aux tripes. On ne peut plus lâcher ce bouquin... pas de super-héros, pas de clichés... juste une descente en enfer... une plongée dans l'horreur du milieu carcéral, de la violence dans la prison, des scènes très difficiles. Olivier Norek ne nous épargne rien !

Quel talent  ! On sent bien le lieutenant de police derrière qui a vécu cette violence urbaine dans le 93. La plume est vraiment magistrale, on monte en surtension tout au long du livre... et arrivé à la fin, la pression lâche et les émotions prennent le dessus, et le lecteur se laisse aller.

Le meilleur de la trilogie sans aucun doute ! Du grand Olivier Norek ! Ne passez pas à côté !


Un extrait

"Un centre pénitentiaire n'est efficace que s'il reconstitue une société carcérale juste, avait-il dit. Sans prédateurs, sans proies, dans une parfaite équité, sans privilèges ni passe-droit, sans nécessité de violence, sans jalousie de ce que l'autre pourrait avoir de plus ou de mieux. La force devenant inutile, il ne reste plus qu'a vivre ensemble, en bonne société. Malheureusement, il n'existe pas d'endroit plus dangereux, inégal et injuste que la prison. Et au lieu d'en ressortir équilibré ou cadré, les détenus en sortent plus violents, désabusés, perdus et agressifs, sans aucun projet de réinsertion. Plus venimeux en sorte. La prison comme une école du crime."